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Wendie Renard, la géante bleue qui fait trembler la Coupe du monde

Le 15 juin 2019  -  Marion Galy-Ramounot  

Elle est celle qui a inscrit un magistral doublé de la tête en ouverture du Mondial contre la Corée du Sud. Celle qui a aussi maladroitement marqué contre son camp face à la Norvège. Wendie Renard, star incontestée de l'équipe de France - avant même la capitaine Amandine Henry ? -, adulée par les uns, hautement crainte par les autres. Avant d'affronter les Bleues, une partie de l'entraînement des Norvégiennes était d'ailleurs dédiée à la menace Renard.

Son 1,87 m et son charisme sur le terrain (d'aucuns jurent que certaines de ses adversaires perdraient la balle dès qu'elle entre dans leur champ de vision) n'y sont pas pour rien. Son toucher de balle et sa qualité de passe, incontestés de tous, non plus. "La meilleure défenseure du monde", ose son ancien entraîneur Farid Benstiti, le premier à avoir cru au potentiel de cette joueuse brute de décoffrage, arrivée de Martinique en 2006, à tout juste 16 ans.



"J'avais 8 ans quand j'ai dit à ma mère que je voulais aller jouer au football en métropole, porter le maillot de la France et représenter mon pays", nous confie dans un sourire Wendie Renard à Clairefontaine, deux mois avant le coup d'envoi de la Coupe du monde féminine de football. "

Au début, dit-elle, elle a rigolé."

Mais la mère de cinq enfants (cinq filles) sait déjà, au fond d'elle-même, la pugnacité de sa petite dernière.

Enfant, la numéro de 3 des Bleues excelle en sport : en foot bien sûr, mais aussi en athlétisme - on l'appelle la "nouvelle Pérec de Martinique" -, et en handball, le sport familial. "

Petite, j'avais beaucoup d'énergie à dépenser", se souvient celle qui a grandi dans la commune du Prêcheur, à l'extrémité nord de la Martinique. "Il paraît que je frappais déjà avec mes pieds dans le ventre de ma mère !"

Enfance éraflée

Dans la cour d'école, elle humilie gentiment les garçons. Pied de nez aux moqueries subies sur sa grande taille, qu'elle perçoit alors comme un "défaut" physique. Elle en découvrira bientôt les autouts. Son envie de quitter son île concorde avec la mort de son père, Georges Renard, en août 1998, survenue quelques jours après la première victoire des Bleus à la Coupe du monde. "C'était un ange, calme, généreux", résume-t-elle. La figure paternelle est présente, toujours, pour celle qui garde un lien très fort avec sa famille. Quand un journaliste lui demande ce qu'elle a éprouvé pendant le match de la Corée du Sud, le 7 juin, elle répond : "On pense à beaucoup de personnes dans la tête." À qui en particulier ? "À mon papa, si vous voulez tout savoir", répond l'athlète, habituellement avare en confidences. La victoire transforme.

Grande mais discrète

Au sein de l'équipe de France, et de celle de l'Olympique lyonnais, où elle sévit depuis toujours, elle fait partie des piliers avec les plus "vieilles" Eugénie Le Sommer et Amandine Henry. La "tour de contrôle", comme les médias la surnomment parfois. Elle est aussi parmi les mieux payées : 348.000 euros brut par an, selon France Football. Soit juste derrière Amandine Henry, à qui elle a cédé à le brassard de capitaine en 2017. "J'ai aujourd'hui beaucoup d'expérience, en raison de mon histoire en club et en équipe nationale, développe Wendie Renard. On a un groupe assez jeune, j'encourage autant que possible avec toujours cet objectif de tirer tout le monde vers le haut." Sa détermination lui vient de sa mère, dont elle se dit "très fière", et de son idole, celui pour qui elle voue une admiration ultime : Cristiano Ronaldo. "Je respecte, j'aime trop, surtout quand on voit l'athlète qu'il est encore aujourd'hui avec l'histoire qu'il a eue, ses années de galère..." Elle a dévoré ses biographies comme elle vient d'avaler les mémoires du père de Zinedine Zidane, Sur les chemins de pierres (éd. Michel Lafon, 2017). Wendie Renard aime les écorchés vifs, les destins caillouteux, un peu comme le sien.


Si elle est immanquable si le terrain, la défenseure (elle tient à cette orthographe, comme Corinne Diacre prône son titre "sélectionneure") est pourtant discrète, tranquille, en dehors. Pas du genre bout-en-train. "Pas une grande expressive", souligne celui qu'elle appelle son "grand frère", l'ancien joueur Sidney Govou, àLibération en 2017. Alors qu'Eugénie Le Sommer a annoncé via Instagram qu'elle s'était fiancée en décembre, Wendie Renard n'a jamais rien laissé fuiter quant à sa vie privée. Tout juste nous livre-t-elle qu'elle a un faible pour les jeux vidéo (FIFA 19, notamment) et qu'elle est marraine de deux associations : Emma, dédiée aux familles d'enfants présentant des troubles d'apprentissage scolaire, et l'association pour l'Information et la Prévention de la Drépanocytose (APIPD), maladie héréditaire affectant l'hémoglobine des globules rouges. Sa fantaisie et ses coups d'éclat, elle les garde pour le terrain, pour ses duels aériens et ses têtes en or. Terrain sur lequel cette chrétienne pratiquante n'entre jamais sans faire son signe de croix.

Coupe du monde féminine : les Bleues en mode pragmatique

Avec une victoire étriquée face au Nigeria (1-0), l’équipe de France a préservé l’essentiel, lundi à Rennes, lors d’un troisième match de poule souvent difficile à gérer.

Il est temps de se tourner vers les huitièmes de finale.

Les footballeurs se transforment souvent en comptables pragmatiques lorsqu’il s’agit de commenter leurs prestations parfois poussives.

Aucune raison que les footballeuses n’échappent à cette habitude. Lundi 17 juin, à l’issue de leur courte victoire (1-0),

mettre en avant le sans-faute réalisé dans le groupe A : neuf points sur neuf. La manière n’était certes pas au rendez-vous, mais les réalistes peuvent se satisfaire de la victoire.

Anthony Hernandez

« Il n’y a aucune inquiétude. C’est vous qui allez les créer dans les médias.

L’objectif c’était les trois victoires », a asséné la milieu de terrain Charlotte Bilbault. Réaction semblable de la meneuse de jeu expérimentée, Gaëtane Thiney : « C’est notre meilleur parcours lors d’un premier tour de Coupe du monde. Ce n’est pas inquiétant. Une nouvelle compétition commence. Il va falloir désormais gagner tous les matchs. »

Le VAR favorable aux Bleues

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Un implacable argument mathématique : après tout, avant de s’attaquer à la phase à élimination directe, dimanche, au Havre (Seine-Maritime), les joueuses tricolores ont en effet encore leur avenir entre les mains.

Que le premier tir cadré de la rencontre ne soit intervenu qu’à la 65e minute de jeu et que le succès ait été acquis après un premier penalty raté et finalement retiré par Wendie Renard à cause d’une intervention du VAR (assistance vidéo à l’arbitrage), sanctionnant un léger pas en avant de la gardienne adverse, importent finalement peu.

Mais qu’a réellement pensé la sélectionneuse Corinne Diacre de la prestation de son équipe ? Sans avoir besoin de faire preuve d’une grande perspicacité, certainement pas que du bien. Mais la conférence de presse d’après-match n’est ni le lieu, ni le moment opportun pour se livrer à une féroce autocritique.

Sans surprise, Diacre a préféré insister sur l’objectif atteint : « On en demande toujours plus. Maintenant, le contrat est rempli, on voulait aller chercher cette troisième victoire. On l’a fait, même si c’est dans la difficulté. J’ai presque envie de dire qu’on la savoure encore plus. Pour nous, c’était important de gagner, même dans la difficulté. »

« Ce troisième match de poule, c’est toujours difficile »

Enthousiasmantes lors du match d’ouverture (4-0), face à de faibles Sud-Coréennes, persévérantes et collectives lors de leur deuxième sortie contre la Norvège (2-1), les Bleues, déjà qualifiées pour les huitièmes de finale, n’ont pas réussi à briser la malédiction du troisième match de poules, souvent décevant.

On se consolera en rappelant que les enseignements à tirer d’une rencontre, où l’enjeu n’est pas vital et où l’équipe-type est modifiée, sont en général loin d’être déterminants pour la suite d’une grande compétition.

En 2018, les Bleus de Didier Deschamps avaient ennuyé tous leurs supporteurs lors d’un triste 0 à 0 face au Danemark avant d’enflammer la Coupe du monde lors du tour suivant contre les Argentins et de décrocher leur deuxième étoile de champions du monde.

Deux ans auparavant, ils avaient échoué sur le même score à battre la Suisse à domicile, ce qui ne les avait pas empêchés de se hisser en finale de l’Euro. « Ce troisième match, quand on est déjà qualifiés, c’est toujours difficile. Les filles avaient certainement un peu peur de la blessure. La victoire n’est pas illogique, même si elle est un peu étriquée, avec ce but sur penalty », reconnaissait Corinne Diacre.

La dramaturgie des matchs à élimination directe

Bousculées par l’impact physique des Nigérianes, les Bleues, dont la solidité défensive a été saluée par leur coach, savent ce qu’elles ont à améliorer. « Nous avons péché dans la justesse de la dernière passe et nous aurions dû être plus mobiles devant. Nos appels doivent être plus tranchants », analyse Kadidiatou Diani.

Dans l’entrejeu, afin de soulager la capitaine Amandine Henry, souvent obligée de se démultiplier aux quatre coins du terrain, il faudra aussi trouver d’autres solutions. Les Françaises ont tendance à user jusqu’à la corde du jeu sur les côtés, de manière peut-être trop stéréotypé.

Au prochain tour, les cartes seront redistribuées. C’est toute la magie de la Coupe du monde et c’est aussi ce qui la rend inégalable, tout comme la dramaturgie qu’elle parvient à réinventer à chaque édition. Rien ne remplace les matchs couperets, ceux où les scénarios les plus fous sont possibles et où se décident les destins des équipes.

Le 23 juin, en entrant sur la pelouse havraise du stade Océane, les Bleues sentiront cette tension et cette excitation, celles de n’avoir plus le droit à l’erreur pour continuer à rêver de leur première finale le 7 juillet, en banlieue lyonnaise.

Que le chemin passe par l’Australie, le Brésil ou l’Italie, les trois adversaires potentiels (le suspense prendra fin mardi 18 juin au soir), il faudra élever d’un cran, ou même de plusieurs, son niveau d’exigence.

« Je viens de jouer un match. Je suis en huitièmes de finale de Coupe du monde. Je vais me reposer et essayer de remettre mes pieds bien droit pour que les ballons rentrent. Et ça ira bien… », résume Gaetane Thiney. On en revient encore et toujours au réalisme.

Coupe du monde: quel bilan pour les Bleues après le premier tour?

Alexandre JAQUIN

L’équipe de France a bouclé sa phase de poules par une victoire face au Nigeria, lundi, lors de la Coupe du monde 2019 (1-0).

Avec un carton plein, les Bleues ont fait le job et enthousiasmé les supporters. Mais tout n’a pas été parfait.

Coupe du monde: quel bilan pour les Bleues après le premier tour?

Un carton plein historique

Trois sur trois. C’est net et sans bavure. Et c’est une grande première pour l’équipe de France. Jamais les Bleues n’avaient remporté tous les matchs de leur groupe en Coupe du monde. La bande à Amandine Henry s’en est chargée en dominant la Corée du Sud (4-0), la Norvège (2-1)et le Nigeria (1-0). De quoi terminer en tête de la poule A et atteindre sans souci les 8es de finale. Au tour suivant, elles affronteront le troisième d’un autre groupe (le C, D ou E). Avec de grandes chances de tomber sur l’Australie ou le Brésil. Deux adversaires particulièrement dangereux.

Un jeu à peaufiner

L’aventure a commencé par une nuit d’ivresse au Parc des Princes. Pour leur entrée en lice dans ce Mondial, les Françaises se sont régalées face à une faible équipe sud-coréenne (4-0). Mais le festival a laissé place à un match nettement plus accroché contre la Norvège (2-1) à Nice. Avant de se conclure par une prestation très poussive contre le Nigeria (1-0) lundi à Rennes. Globalement, les joueuses de Corinne Diacre répondent bien au défi physique. Mais elles peinent à produire un jeu séduisant lorsque l’adversité monte d’un cran. Des lacunes qu’il va vite falloir gommer à l’heure d’aborder les rencontres sans filet.

Des taulières qui en imposent

C’est un point très positif depuis le début de la compétition. Corinne Diacre peut s’appuyer sur une vraie colonne vertébrale. Dans les buts, Sarah Bouhaddi, peu sollicitée, est impeccable pour l’instant. Idem pour la charnière Wendie Renard-Griedge Mbock, rarement mise en difficulté, hormis sur le but contre son camp de la première nommée face à la Norvège. Dans le couloir gauche, Amel Majri monte en puissance au fil des rencontres. Amandine Henry assume parfaitement son statut de capitaine dans l’entrejeu. Et Eugénie Le Sommer représente le principal danger devant. Au total, ça fait six taulières, soit plus de la moitié de l’équipe. C'est déjà pas mal.

Des joueuses trop discrètes

Derrière les "six patronnes", certaines joueuses de l’équipe de France déçoivent en ce début de Mondial. C’est le cas de Gaëtane Thiney. Incapable de faire la différence, la joueuse du Paris FC passe à côté de ses matchs pour le moment. Sa maladresse et son petit côté nonchalant plombent son bilan, à l’image de ses gros ratés face au Nigeria. Au milieu, la doyenne Elise Bussaglia compense son déficit d’explosivité par son expérience. Charlotte Bilbault, elle, fournit beaucoup d’efforts mais manque de justesse technique. Devant, les ailières ont beaucoup de déchet dans la finition, à l’image de Kadidiatou Diani, Viviane Asseyi ou Delphine Cascarino. En pointe, Valérie Gauvin peine à s’imposer malgré un but contre la Norvège et une grosse débauche d’énergie.

Le public au rendez-vous

C’est sans doute leur plus belle victoire jusqu’ici. En une dizaine de jours, les Bleues ont réussi à séduire les Français. A chacune de leur sortie, les stades sont pleins à craquer, comme à Paris, Nice ou Rennes. Ce sera encore le cas au Havre pour leur 8e de finale (dimanche à 21h). Même leurs entraînements attirent les foules. Un vrai engouement qui se confirme avec les audiences télé. Le public se donne rendez-vous en masse pour vibrer derrière ses filles en crampons: 10,6 millions de spectateurs contre la Corée du Sud, 10,3 millions face à la Norvège et 9,6 millions pour le Nigeria. Des scores exceptionnels qui devraient encore grimper dans les prochains jours.

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