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Le 27 juin 2018     -    Bon ennui, les petits

Par Alexandre Doskov et Thomas Pitrel, au Loujniki Stadium

La France et le Danemark ont offert un chef-d’œuvre d'absence de spectacle ce mardi après-midi au stade Loujniki.

Toutes les deux satisfaites par un nul et faisant de toute façon partie des équipes les moins spectaculaires parmi les candidats aux huitièmes de finale , la France et le Danemark se sont bien trouvés pour leur dernier match de poule. Ils ont offert au stade Loujniki la pire rencontre du tournoi jusqu'ici et son premier 0-0, mais au fond, est-ce que ces « performances » veulent vraiment dire quelque chose sur ce que ces deux équipes vont faire au tour suivant ? Pas certain.

Le coup de sifflet final du premier 0-0 de cette Coupe du monde vient de retentir quand la sono du stade Loujniki se met à cracher un ironique « Let me entertain you », de Robbie Williams. Sifflant et huant à pleins poumons, les 78011 spectateurs du stade Loujniki n’ont pas eu l’air de se laisser divertir par le spectacle que viennent de leur offrir la France et le Danemark. Quelques minutes plus tard, un journaliste géorgien résume ce que tout le monde pense avant de poser sa question en conférence de presse : « Nous venons d’assister au pire match de cette Coupe du monde. » Comment lui donner tort ? Sur la pelouse, les deux équipes ont passé les quinze dernières minutes à faire de la passe à dix l’une après l’autre, alors que les 75 minutes précédentes ressemblaient à du Air Football.

« L’équipe qui n’a eu que trois points, le Pérou, est celle qui a le mieux joué dans le groupe, admet d’ailleurs le sélectionneur danois, Age Hareide. Mais le football est un processus continu. Il faut être capable d’adopter différents styles, presser haut, presser bas. Il faut faire ce qu’il faut pour gagner des matchs. » Ou pour faire match nul, donc. Si ce match est devenu la purge à laquelle on a pu assister cet après-midi, c’est qu’aucune des deux équipes n’avait vraiment envie de le gagner. Didier Deschamps clamait le contraire à la veille de la rencontre. Age Hareide, lui, assume : « Nous avions besoin d’un point, et quand on a besoin d’un point, ce qu’il faut, c’est beaucoup de discipline. Nous savions qu’il ne fallait pas presser haut car la France est l’une des meilleures équipes du monde en contre, elle l’a montré sur ses deux premiers matchs. Il aurait été stupide de leur laisser de l’espace, ce résultat nous convenait donc nous avons joué pour le conserver. » En tant que spécialiste du football sans spectacle, le coach danois a repéré dans l’équipe de France une pépite, lui qui disait encore il y a peu que la France n’était qu’une somme d’individualités et non un collectif. « Les grosses équipes, l’Allemagne, l’Argentine, ont eu des problèmes, pas la France, juge Hareide. Vous irez très loin, peut-être même jusqu’au titre. »

Match neutre

Et c'est un homme qui avait mitraillé l'équipe de France dans une interview il y a un mois qui le dit. Un retournement de veste des plus réussis, immédiatement appréciés et applaudis par Didier Deschamps : « Ha, il a changé d'analyse en peu de temps, apparemment. » Malicieux. Deschamps avait refusé de commenter les déclarations d'Åge Hareide avant la rencontre. Mais maintenant que le match est terminé, autant en rigoler et en profiter pour donner le costume de père Fouettard au sélectionneur danois. Surtout quand ça n'a pas l'air de déranger, et qu'il a lui-même assumé d'avoir nivelé le match vers le bas. Alors au moment d'expliquer pourquoi ce match avait été d'un ennui mortel, Deschamps pointait le doigt vers un coupable tout trouvé : la stratégie mise en place par le Danemark. « Toutes les équipes doivent savoir défendre. Là, ils l'ont certainement fait à l'excès pour obtenir ce qu'ils voulaient : un match nul. Qu'est ce que je peux dire... C'est bien joué pour eux. »

En revanche, le champion du monde 98 a tout de même trop d'égo pour admettre qu'une équipe qu'il entraine ait pu participer à un non-match. Alors plutôt que de parler de match nul, il a préféré utiliser le terme de « match neutre. » Plus agréable à l'oreille. Moins péjoratif. Plus flatteur, aussi. En suivant toujours ce fil d'Ariane très pratique qu'est la comparaison avec les autres favoris, et que Deschamps ne lâche pas depuis une semaine : « C'est très compliqué pour tout le monde, l'Espagne, l'Allemagne, ils sont tombés sur des os. »

Tout ce qu'il faut

En tenant ce genre de discours, Deschamps sait qu'il emprunte une porte de sortie facile et qu'il fait preuve d'une belle dose de mauvaise foi. Mais il sait surtout qu'il ne sert pas à grand-chose de disserter sur un match dont il n'y a quasiment aucune leçon à tirer. En tant que sélectionneur, il en est très certainement sorti avec des certitudes sur son équipe type. Logique, vu qu'aucun des remplaçants alignés n'a vraiment donné satisfaction. À partir de là, DD peut s'en donner à cœur joie et même balancer des énormités comme ce magnifique « On a eu sept occasions quand même » lâché en conférence de presse d'après-match, alors que tous ceux qui ont vu le match peinent à en compter deux.

Les commentateurs commenteront. Deschamps continuera d'avancer sur la même route, celle qui lui fait dire ce soir : « L'objectif est atteint. » Celle qui lui permet de répondre à un journaliste lui demandant s'il n'espérait pas sortir du premier tour avec un peu plus de certitudes dans le jeu de son équipe : « Il y a tout ce qu'il faut. » Ceux qui veulent se divertir, eux, compteront sur Robbie Williams ou sur n'importe quel autre amuseur public.

Le  28 juin 2018   - Deschamps agacé sur les fuites des médias : 5 questions autour des huis-clos des Bleus  Baptiste

Baptiste Desprez

Le sélectionneur des Bleus n’a pas caché son mécontentement après les fuites dans la presse sur son équipe.

 Envoyé spécial à Istra«Le sélectionneur danois connaissait mon équipe 48h à l’avance.» En une phrase, Didier Deschamps, d’habitude sur la retenue, a livré sur la place publique son ressenti mardi soir après le match nul contre le Danemark (0-0). Les personnes visées ? Certains médias, dont Le Figarofait partie, qui ont divulgué ses six changements dans son onze de départ entre le deuxième et troisième match lors de sa mise en place à huis-clos dimanche dernier à Istra.

Une situation qui a provoqué colère et agacement dans le clan français, surpris de voir les fuites se propager dans la presse dès la fin de sa séance dominicale. Evènement qui s’était déjà produit avant les débuts contre l’Australie, puis face au Pérou. Ce jeudi, les Bleus retrouvent le stade Glebovets pour le seul huis-clos prévu avant le 8 de finale face à l’Argentine prévu samedi à Kazan. Forcément, cette séance aura une saveur particulière pour Deschamps et son staff, soucieux de voir la situation ne pas se répéter. Mais aussi pour les journalistes, avides d’obtenir des informations en vue du match crucial contre l’Albiceleste. Explications d’un phénomène qui agite le microcosme du foot français en Russie.

Qu’est-ce qu’un entraînement huis-clos ?

Comme son nom l’indique, cet entraînement est interdit au public et donc à fortiori aux journalistes. Dans le cadre d’une Coupe du monde, le contingent français a l’obligation d’organiser une conférence de presse et/ou un entraînement ouvert aux médias chaque jour. Une fois dans la semaine, il lui est possible de procéder à une séance à huis-clos, censée être à l’abri des regards. Pour Didier Deschamps, cela se déroule tout le temps à J-2 avant une rencontre. Un moment choisi pour mettre en place son équipe de départ et faire ses choix.

Comment certains journalistes piègent les Bleus ?

C’est un peu le jeu du chat et de la souris. A chaque séance à huis-clos en Russie, et plus précisément au stade Glebovets, il n’est pas rare de voir certains journalistes de médias différents se «promener» au abords de l’enceinte afin de trouver la meilleure des positions pour épier les Bleus et glaner des informations importantes qui feront le sel de chaque discussion dans le journal du lendemain et même sur internet ou à la télévision dès l’information publiée. Sans trahir aucun secret - la Coupe du monde n’est pas encore terminée et chaque «planque» est un secret bien gardé - chaque journaliste possède sa propre technique. Avec ou sans jumelles, avec ou sans ruse, et toujours dans le souci d’éviter de rencontrer les forces de police, ce qui nous est notamment arrivé lors de la première mise en place tactique en Russie.

Comment Deschamps procède-t-il lors de ces huis-clos ?

Depuis le début de la compétition en Russie, le patron des Bleus agit toujours de la même façon. En prenant soin de mettre à profit cette séance pour ajuster ses choix et aligner l’équipe qui jouera deux jours plus tard. A chaque fois, les joueurs avec ou sans chasuble ont débuté contre l’Australie, le Pérou ou encore le Danemark ce mardi à Moscou. Trop prévisible le sélectionneur ? Assurément non. Avec des matches tous les trois ou quatre jours, les transferts sur les lieux du match, les lendemains de match destinés à récupérer, il ne dispose pas d’un laps de temps considérable pour mettre en place ses idées. Surtout quand il ne profite pas non plus de l’ultime séance d’entraînement au stade la veille des rencontres (avec seulement 15 minutes ouvertes aux médias), considérant que le travail a été fait dans la semaine et que les enceintes ne sont pas assez sécurisées pour éviter les incursions des journalistes.

Pourquoi Deschamps s’est agacé sur ce sujet ?

Il y a deux lectures possibles après la sortie médiatique du sélectionneur sur ce sujet. La première, très simple, réside dans le fait qu’il ne veut pas que ses choix tactiques soient connus de tous 48 h avant une rencontre internationale. Seul problème, au stade Glebovets, situé à une dizaine de kilomètres de leur camp de base, les Bleus n’ont pas ou peu de prise sur l’extérieur. Placée au milieu de nulle part, cette enceinte reste visible et ouverte aux quatre vents, malgré les bâches disposées autour de la pelouse et la présence renforcée des forces de police russes, chargées de débusquer les journalistes au regard trop pressant. La deuxième lecture témoigne aussi d’une façon pour le sélectionneur de rejeter la faute sur les médias. Et de pointer le curseur ailleurs que sur les difficultés actuelles des Bleus. De plus, après plus de 30 ans dans le foot en tant que joueur et désormais entraîneur à Monaco, Marseille ou en sélection, Didier Deschamps sait pertinemment que tout fonctionne de cette façon avec les journalistes. Qu’il soit agacé, d’accord. Surpris, pas du tout.

«Craquer le huis-clos», est-ce propre aux journalistes Français ?

C’est devenu un enjeu pour bon nombre de médias. Nos confrères de L’Equipe, du Parisienou encore de RMCse prennent au jeu depuis plusieurs années, voire des décennies et chacun ruse à sa manière pour récolter la précieuse info. En Russie durant la Coupe du monde, d’autres médias, comme Le Figaro, tentent de glaner ces informations pour leur public, tant le sujet intéresse et fait parler. Ce qui n’est pas le cas en Angleterre, ou en Espagne, deux pays de foot qui ne font pas tout pour obtenir le onze de départ de leur équipe nationale. Chose qui n’arriverait pas en France, Tite, sélectionneur du Brésil, donne parfois son équipe avant le début de certaines rencontres.


                  


Le 01 juillet  2018    -    Pavard raconte son but stratosphérique «à la Thuram»

Guillaume Loisy I

Le défenseur des Bleus a réussi un véritable chef d’œuvre contre l’Argentine samedi, en 8es de finale de la Coupe du monde 2018.

C’est sans doute le but de la Coupe du monde jusque-là. Et il fut importantissime pour les Bleus. Alors que le bateau tricolore tanguait fortement après deux pions argentins encaissés juste avant et après la pause - «aux pires moments du match» dixit Hugo Lloris -, Benjamin Pavard a déclenché la foudre de son pied droit. A la réception d’un long centre de Lucas Hernandez venu de la gauche, il a réussi une reprise en demi-volée de folie de l’extérieur du pied pour égaliser (2-2). Brossé à la perfection, l’exocet est doté un pouvoir hypnotique. A visionner en boucle, encore et encore. Après la rencontre, le joueur de Stuttgart a raconté : «Je vois le rebond, je me dis qu’il faut juste que je me penche bien, que je la prenne bien pour éviter qu'elle monte. Finalement, elle part dans le but.» C’est simple le foot décrit comme ça.

Doublement coupable sur le deuxième but argentin (faute amenant le coup-franc puis il couvre le buteur Mercado), Pavard s’est bien rattrapé, comme l’avait fait un certain Lilian Thuram face à la Croatie en demi-finales en 1998. La comparaison a d’ailleurs rapidement fleuri dans le vestiaire après le match. «On me l'a dit, oui. Le coach aussi. J’espère qu'il y en aura d'autres», a souri l’intéressé. Auteur d’un doublé face aux Croates, «Tutu» a toujours un but d’avance. Capitaine heureux, Hugo Lloris a tressé des lauriers à l’homme aux bouclettes, que le grand public découvre à l’occasion du Mondial. «Il a un super pied droit. A son âge (22 ans), sa première Coupe du monde, marquer peut-être le plus beau but de la compétition surtout à un moment important du match... C'est bien car son but met encore plus en valeur son grand match, a souligné le capitaine français. On n’a jamais douté de sa personnalité même s'il est peu bavard. C'est un bon soldat. Défensivement il fait toujours le travail, il est impliqué. Et même balle au pied, il a des qualités. Il l'a prouvé ce soir, pas seulement sur son but mais sur son apport offensif.»

Buteur surprise et porte-bonheur

Souvent présenté comme un latéral avant tout défensif – en tout cas plus que son concurrent au poste Djibril Sidibé -, le Nordiste a démontré qu’il avait aussi le sens du but. «Quand j'avais six ans, j'ai joué attaquant… ça fait vraiment longtemps. Je marque rarement. Marquer comme ça avec la manière car c'est vraiment un très beau but, je le garderai en souvenir toute ma vie. Je vais le regarder toute la nuit», a confié l’un des héros du jour, parti comme une balle vers le banc de touche après son chef d’œuvre pour partager sa joie avec les remplaçants français, son pote Adil Rami en tête. Buteur surprise, Benjamin Pavard est aussi une sorte de porte-bonheur tricolore. En 28 matches en équipe de France – toutes catégories d’âges confondues – le natif de Maubeuge n’a jamais perdu. Cela valait bien un but pour prolonger la série.

La méthode Deschamps décortiquée

J-S Grond

A quatre jours du quart de finale de la Coupe du monde contre l’Uruguay, Guy Stéphan, l’entraîneur adjoint de l’équipe de France, est longuement revenu sur la méthode de travail du sélectionneur.

Sur la réflexion tactique

"Les entraîneurs disent souvent qu'ils raisonnent plus par l'animation que par le système. Ce n’est pas très compliqué: Didier fait jouer ses équipes avec 4 défenseurs en zone, un ou deux milieux défensifs, même si Kanté n’est pas seulement un milieu défensif, il sait utiliser le ballon et bien l’utiliser. Il reste ensuite 4 joueurs à dominante offensive. Le débat se porte sur le 4e, savoir où on le place. S’il y a Blaise (Matuidi) ou Thomas (Lemar), ce n’est pas tout à fait la même chose. Ce qui compte, c’est l’animation et Didier fait une équipe pour poser des problèmes à l’adversaire."

Sur la gestion du groupe actuel

"C’est un groupe avec différentes tranches d’âge, l’une aux alentours de 20 ans, une autre avec des joueurs de 26, 27 ans, puis des joueurs de plus de 30 ans. Il faut fonctionner avec tous ces joueurs avec un canal différent. On ne parle pas de la même façon à Mbappé et Mandanda, si je prends le plus jeune et le moins jeune en exemple. Ce qui est intéressant c'est de voir la réaction des remplaçants quand il y a un but. C’est extraordinaire à voir depuis le banc de touche. Ce n’est pas un cliché de dire que le groupe vit bien. C’est réel. Il faut parfois un match comme ça, fondateur. Ce ne sera plus la même chose après ce match."

Il y a eu une préparation avec de l’intensité par moments

Sur le staff de Deschamps

"Ce n’est pas seulement un entraîneur et un sélectionneur, c’est un manager de staff, de 18 à 20 personnes, qu’il anime au quotidien. Depuis 9 ans, il a gagné en sérénité. Je le trouve très à l’aise, détendu. Comme le disait Samuel (Umtiti), on est plus détendu depuis que les épouses sont arrivées. J’ai beaucoup de proximité avec lui, il échange beaucoup. Le staff technique est très resserré. Il y a plus d’adjoints dans les autres sélections. Didier préfère que chacun reste dans son domaine. Je suis là pour lui donner les réponses aux questions qu’il me pose, pour planifier l’entrainement avec lui, pour l’emploi du temps. Tout ce qu’il me demande, je le fais. Ce qui est intéressant aussi, ce sont les débriefings avec le staff qui nous permettent de régler un petit contretemps."

Sur le travail du staff depuis deux ans

"Notre rôle est d’observer les matches, de se réunir fréquemment avec le staff et la fédé. Il y avait un emploi du temps, on a pris beaucoup de temps à observer les matches, chaque week-end et les mardis et mercredis."

Sur la préparation physique

"Elle n’est pas très différente des autres. Eric Bedouet, un très bon préparateur physique, a été remplacé par Grégory Dupont, qui est également un très bon préparateur physique, qui a beaucoup de recul sur ce qu’il fait. Il y a eu une préparation avec de l’intensité par moments, sans dépasser la ligne jaune. Dans toutes les séances tactiques, il y a aussi une dépense d’énergie, qui se cumule avec le travail sans ballon. Cet ensemble rend l’équipe en forme ou pas."

Sur le choix du camp de base

"On n'a pas eu de barrages à jouer, alors on a pu choisir notre camp de base et la fédé a fait ce qu’il fallait pour les aménagements à l’hôtel, avec des grandes salles et tout ce qu’il faut pour que les joueurs puissent occuper leur temps libre. On est dans un environnement avec beaucoup de verdure. On peut se balader. Je n’ai pas senti que les joueurs avaient trouvé le temps long, la compétition aidant. Il y a eu un match contre l’Argentine. Si on n’avait pas eu ce résultat, on serait rentré à la maison."

(*) Guy Stéphan, 61 ans, est l'adjoint de Didier Deschamps depuis 2009 à l'OM. Cet ancien milieu de terrain de D1 a notamment été l'entraîneur de l'OL et de Bordeaux entre 95 à 97 avant d'intégrer la DTN. Il a été sélectionneur des moins de 18 ans, des A', puis adjoint de Roger Lemerre à partir de 1998 en compagnie de Bruno Martini et René Girard. Il est donc dans le staff des Bleus lors de l'Euro 2000 remporté à Rotterdam. Didier Deschamps était le capitaine de l’équipe.

Varane : «Champion du monde ? J’y crois»

Guillaume Loisy

Envoyé spécial à Istra

Les Bleus à deux matches du sacre «Il n’y a pas de favori, il ne reste que des très bonnes équipes dans cette compétition. On aborde déjà la demi-finale qui sera difficile. Il va falloir chercher ce petit plus qui peut nous faire gagner. Après, une finale, on ne sait pas ce qu’il peut se passer (…) (sur une possible victoire le 15 juillet) Je l’espère. C’est à nous de faire ce qu’il faut pour. J’y crois. On est supporté en France et même si on est loin, on sent cette ferveur. On va faire le maximum et bien se préparer pour la demi-finale. On mettra tous les atouts de notre côté.»

L’Uruguay, son meilleur match en Bleu ? «Je ne sais pas, je ne suis pas sûr. Je mets un but décisif, ça me fait énormément plaisir. Il faudra un peu de recul pour analyser ce que j’ai fait. C’est dans la continuité de ma saison. Il manquait ce petit but. Il est arrivé hier. J’ai réussi à passer des caps sur les dernières années, ça fait plaisir de revenir sur une grande compétition en étant bien physiquement et mentalement. Réussir à marquer dans un match décisif où c’était difficile de trouver des brèches, ça fait plaisir (…) (sur sa célébration) Je n’ai pas pensé à 2014. Toute cette joie qui s’est exprimée, c’était plus par rapport à l’Euro 2016 où ça avait été très dur de ne pas être présent. 2014 c’est du passé.»

Sa relation avec Umtiti «Notre association se fait naturellement sur le terrain. On a des qualités qui sont complémentaires. On parle avant le match pour avoir une idée commune. Parfois je suis plus haut et lui en couverture… Ou l’inverse. Mais ça se fait tout seul. On joue tous les deux dans des grands clubs, on a l’habitude de devoir s’adapter à nos partenaires et nos adversaires qui se déplacent différemment. Avant et après les matches, on n’hésite pas à parler pour avoir plus de facilité à se déplacer. Ça nous rend plus efficace et meilleur individuellement, mais ce qui est important c’est d’être bon ensemble.»

Comment les Bleus sont devenus une équipe «On a un travail qui est réalisé depuis plusieurs années. Ça ne vient pas du jour au lendemain. 2014, 2016 et maintenant 2018. On perd contre la Colombie en mars (2-3), ça restait un match amical à un moment chargé de la saison. Un groupe, ça se forme sur du long terme. On a fait une bonne préparation depuis pas mal de semaines, ça porte ses fruits aujourd’hui. Il y a une dynamique dans ce groupe, il faut l’entretenir (…) On est une équipe jeune qui a démontré de la maturité durant la compétition. On est monté en puissance, capable de jouer sur différents registres. Sur des attaques placées, en contre… Ça fait de nous une équipe plus complète et on arrive à s’adapter à l’adversaire. Hier, on avait un défi physique en face de nous, il fallait répondre présent. On a des joueurs aux profils différents. Ça nous permet de varier notre jeu, c’est une force.»

La parade de Lloris face à l’Uruguay «C’est un arrêt incroyable. C’était du grand Hugo. Il a été très vif, agile. Quand je vois le ballon passer, je pense qu’il va au fond des filets, mais heureusement il a cette détente qui nous sauve. Derrière il se jette sur les pieds de Godin… C’est un super gardien et un super gars. L’avoir derrière nous, c’est rassurant. En plus il fait ça à un moment clé. Bravo à lui et quand il fait ça, faut lui dire merci et le prendre dans ses bras (…) On n’a jamais douté de lui. On connait ses capacités et ses talents. Ça fait des années qu’il est à ce niveau-là que ce soit en club ou en sélection. On sait sa valeur, elle n’a pas changé en quelques semaines. Ça fait des années qu’il est au plus haut niveau. Il a passé le cap des 100 sélections c’est énorme. S’il peut être décisif dans les moments clés d’une grande compétition, c’est magnifique.»

Son avis sur la Belgique «La Belgique est une très bonne équipe, jeune, qui arrive à maturité. Elle est capable de jouer avec des passes combinées, en attaque rapide, complète, solide, bien en place. On sait quel adversaire on aura et il faudra réaliser une grosse performance pour se hisser en finale (…) C’est plus un rapport affectif (il a grandi dans le Nord), le fait d’être proche. Quand j’étais petit, j’avais des tournois de foot en Belgique. Il y a forcément un lien un peu particulier, pas plus concurrentiel que ça. Sur une opposition en demi-finales de Coupe du monde, il n’y a pas d’ami. Ça reste un affrontement (…) On est des voisins qui s’aiment bien mais sur le terrain c’est autre chose. Il faut faire abstraction du contexte et se focaliser sur ce qu’on a à faire. C'est une demie de Coupe du monde il n’y a pas besoin d’en dire plus pour se motiver.»







11 Juillet 2018    -    Mondial: La France en finale, en éliminant la Belgique (1-0)

 Samuel Umtiti buteur lors de la victoire face à la Belgique 1-0 et la qualification en finale du Mondial le 10 juillet 2018

La France disputera la 3e finale de Coupe du monde de son histoire, dimanche à Moscou, après avoir éliminé la Belgique (1-0), grâce à un but de Samuel Umtiti, mardi à Saint-Pétersbourg.

Aussi sur MSN: France - Belgique : les vraies notes des Bleus

Les Bleus affronteront la vainqueur de Angleterre-Croatie, qui sera disputé mercredi à Moscou (20h00 française). Cette finale sera particulière pour Didier Deschamps, sélectionneur français, qui a gagné il y a 20 ans le Mondial-1998 en tant que capitaine des Bleus, seule étoile sur le maillot français.

Mondial 2018 : pendant les matchs, Didier Deschamps n’avait d’yeux que pour UNE personne…

L’équipe de France a à nouveau marqué l’Histoire de la Coupe du monde sous la tutelle, cette fois-ci, de Didier Deschamps. L’entraîneur était pourtant concentré, très régulièrement, sur un individu bien spécifique…

Il a soulevé la Coupe du monde pour la deuxième fois, 20 ans après l’avoir remportée en tant que joueur en 1998. Didier Deschamps, l’entraîneur de l’équipe de France depuis 2012, a pu bénéficier de son expérience sur le terrain, d’une nouvelle victoire triomphante… et prochainement, d’un très joli chèque qui accompagne le trophée doré. S’il a supervisé de très près chaque mouvement de sa formation, portée par le gardien Hugo Lloris, le chaperon des Bleus portait pourtant son attention vers une personne bien particulière.

Alors que le coup de sifflet final retentissait dans le stade de Loujniki, les hurlements se sont soulevés, si bien sur les terres russes qu’à travers nos frontières. Sous une pluie battante, les footballeurs se sont jetés dans les bras de leurs proches, à l’image d’Antoine Griezmann et de sa fille Mia, ou de Paul Pogba, dabbant allègrement avec sa mère. De son côté, Didier Deschamps s’est élancé en direction de son fils et de son épouse. Marié depuis plus de 30 ans à Claude, le sélectionneur sportif a eu une attention toute spéciale pour sa moitié pendant la compétition.

Concentré sur la moindre action, hurlant sa joie au moindre but, Didier Deschamps a été un soutien sans tâche pour l’équipe de France. Malgré tout, l’ancien joueur n’avait de cesse de regarder… sa femme. « Lors de plusieurs matchs, j’étais en tribunes au-dessus du banc de Didier, a expliqué Valérie Bègue, très bien placée, au magazine Gala. Il se retournait cinquante fois pour regarder sa femme. Au coup de sifflet final, c’est aussi vers Claude et Dylan qu’il se dirige en premier. On sent tellement d’amour et de tendresse entre eux trois. » Il n’avait décidément pas que les Bleus dans les yeux…



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